Pourquoi Joseph steib ?

Nous avons découvert Joseph Steib grâce un des membres du groupe ayant des racines alsaciennes. Ce membre a reçu un jour un journal Alsacien parlant de Joseph Steib que lui avait envoyé sa grand mère sachant qu'il participait à ce concours.

Le journal en question
Le journal en question

 Nous avons beaucoup aimé les oeuvres de Steib et elles rentraient de plus parfaitement dans le cadre du concours.

 Nous avons trouvé que cet artiste était méconnu et original. C'est pourquoi nous avons voulu faire découvrir Joseph Steib au plus grand nombre.

Nous avons aussi trouvé que l'homme était interessant : comment un simple employé municipal de la ville de Mulhouse a-t-il pu faire face au régime nazi, en peignant des tableaux caricaturaux d'Hitler qui, si ils avaient été découverts par l'ennemi, lui auraient valu chacun la peine de mort ?

Ses tableaux attirent l'oeil et sont très intrigants, ils sont porteurs d'un message fort, d'une volonté de résister.

Nous avons posé à François Pétry, l'écrivain du "Salon des rêves" un livre sur Steib, la même question :

Je suis intéressé par l'art en général (j'ai fait l'essentiel de ma carrière professionnelle dans des services du patrimoine du Ministère de la Culture) et par la peinture en particulier : je collectionnais des tableaux de certains peintres, fréquentais des expositions et me suis même lié avec certains artistes (visites régulières d'atelier, correspondance). Un antiquaire connaissant mes centres d'intérêt m'a présenté, fin 1987, un premier tableau de Steib (Fête rurale) qui m'a beaucoup intrigué, comme amateur d'art et comme historien : l'expression était naïve, les drapeaux, lampions et surtout les couleurs tricolores y sont largement représentés, ce qui était incongru pour la période, où ces couleurs étaient évidemment interdites. Deux ans après, j'ai découvert deux nouveaux tableaux : le fait que Joseph Steib était un artiste original et intéressant qu'il fallait tenter de connaître davantage s'est alors imposé. J'ai essayé d'obtenir plus d'informations. Steib était présenté par les connaisseurs de l'art du département du Haut-Rhin et les antiquaires contactés comme un petit peintre sans grand intérêt : de métier, il était, disait-on, cantonnier (cela m'a encore était répété tout récemment), il aurait peint occasionnellement et aurait créé ce type de tableaux dans sa cave durant la guerre. Ces réponses semblaient convenir à tout le monde, mais étaient en fait fausses. Comme la recherche plus poussée (voir ci-dessous) l'a montré, Steib était, en fait, un petit employé municipal de la ville de Mulhouse (il remplissait des bordereaux, faisait des fiches) et il peignait tout simplement dans son appartement, soit dans son salon, soit dans une partie annexe de la cuisine. Durant la guerre, Joseph Steib et sa femme Rosa vivaient dans un petit immeuble collectif, au 235 de la rue du Faubourg d'Altkirch à Brunstatt (bourgade située immédiatement au sud de Mulhouse : cet immeuble est toujours debout. La découverte de Steib a été progressive. Il m'a fallu une longue recherche qui m'a permis d'obtenir, par étapes successives, des informations plus complètes. J'ai longuement sollicité un antiquaire mulhousien qui me paraissait être le diffuseur principal de tableaux de Steib. J'ai pu rentrer en contact avec des membres de la famille de l'artiste, ainsi avec un beau-frère (décédé maintenant depuis 20 ans) et des neveux et nièces (voir encore question 11). Au fil de ces contacts, de la découverte de tableaux et aussi de quelques documents comme le petit catalogue du « Salon des rêves » (trouvé après cinq ans de recherche), il m'a été possible de saisir mieux la biographie de Steib et de mieux comprendre sa démarche d'artiste-résistant. J'ai pu avoir accès à d'autres tableaux de Steib (en Alsace, en Franche-Comté, à Paris, en Allemagne particulièrement) : ces tableaux, pour partie antérieurs ou postérieurs à la guerre, comme ceux des années 1940 à 1945 m'ont donné une vision plus complète de l'œuvre peint de Steib et, particulièrement, du « Salon des rêves ». J'ai publié une première étude en 1996, des chercheurs et des conservateurs de musée principalement allemands ont réagi. La «peinture de résistance» est un concept bien connu en Allemagne et Steib s'inscrivait dans ce courant. De premières expositions des tableaux redécouverts de Joseph Steib ont alors été organisées en Allemagne.

Une vidéo où François Pétry nous raconte, entre autre, comment il a découvert Joseph Steib 

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