Entretien

Avec François Pétry, l'écrivain du livre

"le Salon des rêves"


1. Pourquoi vous êtes-vous intéressé aux œuvres de Steib ? Comment en avez-vous eu connaissance ?

Je suis intéressé par l'art en général (j'ai fait l'essentiel de ma carrière professionnelle dans des services du patrimoine du Ministère de la Culture) et par la peinture en particulier : je collectionnais des tableaux de certains peintres, fréquentais des expositions et me suis même lié avec certains artistes (visites régulières d'atelier, correspondance). Un antiquaire connaissant mes centres d'intérêt m'a présenté, fin 1987, un premier tableau de Steib (Fête rurale) qui m'a beaucoup intrigué, comme amateur d'art et comme historien : l'expression était naïve, les drapeaux, lampions et surtout les couleurs tricolores y sont largement représentés, ce qui était incongru pour la période, où ces couleurs étaient évidemment interdites. 

Fête rurale
Fête rurale


Deux ans après, j'ai découvert deux nouveaux tableaux : le fait que Joseph Steib était un artiste original et intéressant qu'il fallait tenter de connaître davantage s'est alors imposé. J'ai essayé d'obtenir plus d'informations. Steib était présenté par les connaisseurs de l'art du département du Haut-Rhin et les antiquaires contactés comme un petit peintre sans grand intérêt : de métier, il était, disait-on, cantonnier (cela m'a encore était répété tout récemment), il aurait peint occasionnellement et aurait créé ce type de tableaux dans sa cave durant la guerre. Ces réponses semblaient convenir à tout le monde, mais étaient en fait fausses. Comme la recherche plus poussée (voir ci-dessous) l'a montré, Steib était, en fait, un petit employé municipal de la ville de Mulhouse (il remplissait des bordereaux, faisait des fiches) et il peignait tout simplement dans son appartement, soit dans son salon, soit dans une partie annexe de la cuisine. Durant la guerre, Joseph Steib et sa femme Rosa vivaient dans un petit immeuble collectif, au 235 de la rue du Faubourg d'Altkirch à Brunstatt (bourgade située immédiatement au sud de Mulhouse : cet immeuble est toujours debout). La découverte de Steib a été progressive. Il m'a fallu une longue recherche qui m'a permis d'obtenir, par étapes successives, des informations plus complètes. J'ai longuement sollicité un antiquaire mulhousien qui me paraissait être le diffuseur principal de tableaux de Steib. J'ai pu rentrer en contact avec des membres de la famille de l'artiste, ainsi avec un beau-frère (décédé maintenant depuis 20 ans) et des neveux et nièces (voir encore question 11). Au fil de ces contacts, de la découverte de tableaux et aussi de quelques documents comme le petit catalogue du « Salon des rêves » (trouvé après cinq ans de recherche), il m'a été possible de saisir mieux la biographie de Steib et de mieux comprendre sa démarche d'artiste-résistant. J'ai pu avoir accès à d'autres tableaux de Steib (en Alsace, en Franche-Comté, à Paris, en Allemagne particulièrement) : ces tableaux, pour partie antérieurs ou postérieurs à la guerre, comme ceux des années 1940 à 1945 m'ont donné une vision plus complète de l'œuvre peint de Steib et, particulièrement, du « Salon des rêves ». J'ai publié une première étude en 1996, des chercheurs et des conservateurs de musée principalement allemands ont réagi. La « peinture de résistance » est un concept bien connu en Allemagne et Steib s'inscrivait dans ce courant. De premières expositions des tableaux redécouverts de Joseph Steib ont alors été organisées en Allemagne.

2. Steib avait -il des liens avec la Résistance ? Si oui, lesquels. Si non, pourquoi ?

Steib n'avait pas de liens connus avec la Résistance. La situation de l'Alsace était très différente du reste de la France. La France a été occupée, mais l'Alsace et le département de la Moselle ont été purement et simplement annexés de force au Reich allemand et l'implacable organisation nazie a ainsi été mise en place sur ces territoires. A partir de l'été 1942, les jeunes Alsaciens et Mosellans ont été même enrôlés de force dans l'armée allemande: Steib a ainsi vu partir des neveux et de jeunes voisins. De petits mouvements de résistance interne existaient en Alsace (groupes de passeurs, aide aux familles juives), généralement assez diffus et isolés, sans liens avec l'extérieur. Certains de ces mouvements, très pourchassés par le régime nazi, ont été rapidement démontés et détruits. Un assez grand nombre d'Alsaciens faisaient partie de réseaux de résistance extérieurs à l'Alsace, dont ils s'étaient enfuis, on parlait d'ailleurs des « évadés d'Alsace ». On trouve ceux-ci en groupes constitués dans des zones forestières en Périgord (« réseau Martial » par ex.), dans la région toulousaine, en Savoie, etc. Ces réseaux étaient évidemment organisés tout autrement que de petits mouvements, ils entretenaient des contacts avec Londres (avec de Gaulle par ex., avec des agents anglais), se faisaient parachuter des armes, etc. En 1944, ces résistants alsaciens restés extérieurs à l'Alsace durant la guerre ont participé à la libération du territoire français (un bon nombre d'entre eux étaient regroupés dans la Brigade Alsace-Lorraine, commandée par André Malraux et intégrée dans la 1ère Armée du général de Lattre de Tassigny).

André Malraux
André Malraux

 La population de Mulhouse et de sa région est restée globalement hostile aux Allemands, tout au long de la guerre : l'armée allemande était rentrée dans Mulhouse, en juin 1940, « dans un silence de cimetière » ; mais, lorsque les Français et les Alliés arrivent fin 1944, ils sont accueillis de façon délirante. Il existait toute une forte solidarité anti-allemande dans la région où vivait Joseph Steib : la famille de Steib savait que celui-ci faisait de la peinture anti-nazie, bien plus, un petit nombre d'amis de Steib venaient voir l'avancée de son travail de peintre. Il était vital pour Steib, que personne ne parle. L'acte de résistance de Steib est dans sa peinture. Il fallait un très grand courage à Joseph Steib pour peindre des tableaux, dont un seul aurait pu lui valoir, à lui et à sa femme, d'être interné en camp de concentration. 

3. Pourquoi n'a-t- il pas continué la peinture ?

Les derniers tableaux datés de Steib portent la date de 1950. Autour de 1950, Steib a arrêté de peindre, mais il a encore fait des envois de quelques tableaux (plus anciens) à des Salons de peinture en 1952 et 1953. Steib était déjà assez malade en 1941-1942, il a même été mis en invalidité totale de travail en 1942. Peu avant 1950, Steib a déménagé, s'installant dans une petite maison au sud de la bourgade de Brunstatt. Il y a fait (faire) de gros travaux, puis s'est occupé longuement de l'installation de ses meubles et de ses collections (une grande pièce était appelée « Musée » par la famille). Ce déménagement et cette installation l'ont épuisé. Ses neveux le voyaient assez souvent couché lorsqu'ils lui rendaient visite. Par ailleurs, Steib n'avait plus de sujet aussi fort que celui créé par la situation de guerre qui l'avait tellement mobilisé.

4. A-t- il eu des problèmes avec ses œuvres ?

Joseph Steib n'a pas eu de problèmes avec ses œuvres, simplement parce que celles-ci n'étaient pas connues des autorités nazies. La famille de Steib était évidemment inquiète, sa femme Rosa aurait souhaité qu'il arrête de peindre des « choses pareilles », mais Steib a tenu à poursuivre malgré tout. J'ai rencontré une dame maintenant âgée, qui était une petite voisine des Steib au cours de la guerre, elle faisait souvent des courses pour eux. Steib était imprudent, il lui montrait ses tableaux et peignait devant elle... Cette dame a été un témoin intéressant : elle m'a décrit plusieurs tableaux (Hitler en enfer, Hitler avec une tête de cochon), vers 1995, bien avant que ceux-ci ne soient retrouvés.

La Damnation du Führer, tableau sur lequel on voit Hitler en Enfer
La Damnation du Führer, tableau sur lequel on voit Hitler en Enfer

5. Peut-on le considérer comme un héros de la Résistance ?

Lorsque les tableaux du « Salon des rêves » ont été montrés en septembre 1945 à Brunstatt, ils ont été vus par Alfred Faust, un grand journaliste allemand (c'était un homme politique engagé et un patron de journal à Brême, en Allemagne du Nord, avant l'arrivée des nazis au pouvoir). Cet homme, qui avait été interné dans des camps (dès 1933) et avait fini par fuir l'Allemagne, travaillait alors comme journaliste dans un journal qui venait d'être créé en 1945 par d'anciens résistants de Mulhouse : en connaissance de cause, il a classé aussitôt les œuvres de Steib dans la «peinture de résistance». Cette forme de peinture est celle qui était pratiquée par des artistes très hostiles au régime nazi, qui étaient considérés comme des résistants. Cet art a été pratiqué dans d'autres pays alors occupés par l'Allemagne, en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Europe du Nord... Dans ce cas, la résistance ne se faisait par les armes, par des attentats, etc. contre des forces fascistes en interne ou une armée d'occupation : cette forme de résistance par l'art a existé déjà antérieurement, le peintre espagnol Goya en est un bel exemple lorsque la France a occupé l'Espagne au temps de Napoléon Ier. 

Alfred Faust
Alfred Faust


Joseph Steib a eu un très grand souci des malheurs de ses compatriotes, il montre la pénurie, les expulsions et déportations. Ses tableaux où sont figurées les brimades et violences des nazis et, particulièrement, ceux où il s'en prend à la personne de Hitler sont extrêmes, et souvent plus forts que ceux d'autres peintres de résistance : il a ainsi pris des risques, également extrêmes, et on peut le qualifier dans le domaine de la résistance par les arts, de héros de la Résistance.

6. Le fait d'être Alsacien l'a-t- il motivé encore plus ?

La situation dans laquelle se trouve l'Alsace depuis juin 1940 est, comme indiqué déjà plus haut, différente du reste du territoire français. Par sa situation géographique et en raison de liens anciens avec l'Allemagne, on était en Alsace plus sensible, dès les années 1930, à ce qui se passait en Allemagne : on entendait, d'une certaine manière, s'amplifier le bruit des bottes de l'autre côté du Rhin. La nouvelle situation politique (annexion à l'Allemagne) qui n'a absolument pas été évoquée dans les accords d'armistice avec l'Allemagne en 1940 et qui s'est donc faite de force, fait que les Alsaciens partagent le même sort, soit la contrainte directe, que les Allemands du Reich hitlérien. Le quadrillage de la population est très important, marqué par une omniprésence du parti à tous les niveaux administratifs et institutionnels, par l'intégration dans des associations nazies de toutes les catégories de populations, par ex. des jeunes garçons, les jeunes filles, par l'affiliation d'office au syndicat nazi. Plus haut a été évoqué le fait que les jeunes Alsaciens ont été enrôlés de force : ceux qui refusaient de signer leurs papiers militaires passaient d'abord quelques mois dans un camp d'internement, ainsi à Schirmeck en Alsace) puis étaient enrôlés de toute façon... Steib qui était, comme une bonne partie de la population de région mulhousienne, un patriote français, a très mal vécu tout cela. Il s'inquiétait fortement dès 1939, réalisait bien que Hitler était la cause de tous les maux subis par les peuples, ce qui a pour effet qu'il a fait de Hitler sa « bête noire » dans ses tableaux. D'exprimer son opposition, de manifester sa résistance par l'art, donc le fait de peindre des tableaux antinazis était nécessaire, indispensable même à Steib pour supporter cette situation c'est ce que sa femme a bien compris : malgré ses inquiétudes, elle a accepté qu'il poursuive sa peinture.

7. Avant de résister était-t- il déjà artiste ?

Steib était indiscutablement un artiste bien avant son œuvre de résistance. Il a souhaité, tôt, faire des études dans une école d'art, mais cela n'était pas dans les vues de sa famille et n'apparaissait pas comme une carrière permettant de vivre. Alors il s'est formé patiemment en autodidacte ; à partir de l'âge de 27 ans, il a cependant suivi, parallèlement à son emploi d'employé, des cours du soir à l'Ecole de dessin de Mulhouse et il s'est, ainsi, formé à la miniature. Il recherchait les livres d'art, faisait des copies de tableaux de maîtres, participait à des expositions. Mais tout ceci ne fait pas encore un artiste. Ce qui caractérise un artiste c'est la force et l'intérêt de ses créations. Dès la fin des années 1920 et au début des années 1930, des œuvres originales et puissantes apparaissent sous le pinceau de Steib, là il devient artiste. Il est sûr aussi que le fait qu'il ait créé l'ensemble unique du « Salon des rêves » contribue à ce que l'on regarde différemment, avec plus d'intérêt, ses travaux antérieurs.

Ecole d'art de Mulhouse
Ecole d'art de Mulhouse

8. Pourquoi la religion a-t- elle une place aussi importante dans ses œuvres ? 

Il faut préciser, d'entrée, que la place de la religion chrétienne dans les villes et davantage encore dans les campagnes était, au temps de Steib, très importante. Les fêtes et offices religieux étaient très suivis par les fidèles. Steib, de religion catholique, a eu une bonne éducation religieuse (dans sa famille d'abord, il est passé aussi dans l'Ecole des Frères de Mulhouse) ; une sœur de Steib est devenue «bonne sœur» dans l'ordre des Bénédictines. Le peintre lui-même a peint des petits tableaux représentant des chapelles assez souvent ; on connaît aussi des tableaux avec des représentations d'offices religieux (voir par exemple aussi le tableau du « Salon des rêves », Nous avons été épargnés, merci à Dieu ...). Steib était un croyant, il vivait entouré de nombreux tableaux et d'imagerie en lien avec la religion. Cela est ensuite très surprenant de voir que Steib détourne les grands moments de la Passion du Christ en mettant, dans ces scènes, Hitler à la place du Christ. Cette manière de procéder est une transgression : Steib dépasse les limites, va gravement contre les règles de la foi chrétienne. Il fait ceci parce qu'il est dans un état d'exacerbation, de grande exaspération : d'une certaine manière, il veut peut-être même provoquer Dieu. On a parlé parfois du silence de Dieu, de l'absence de Dieu, lorsque les nazis ont commis des actes extrêmes (ghetto de Varsovie, camps d'extermination, et de façon générale, la Shoah) : des Juifs se sont détournés de Dieu en raison des malheurs dont leurs parents ont été l'objet. Steib était particulièrement heurté par les pratiques nazies qui visaient à installer le nazisme comme religion, par des opérations de propagande qui développaient le culte d'Hitler, etc.

La Dernière Scène, tableau où Joseph Steib remplace le Christ par Hitler
La Dernière Scène, tableau où Joseph Steib remplace le Christ par Hitler

 Des tableaux traitaient de ce thème : on sait que sur les 57 tableaux du Salon des rêves, seuls 34 ont été retrouvés, il en manque 23 dont des tableaux portant des titres comme Les applications de la propagande ou même La religiosité nazie que l'on peut encore espérer découvrir. Il est possible aussi que Steib veuille faire endosser le blasphème ou le sacrilège de ces scènes (que lui, le peintre, crée) où Hitler et les siens ont des attitudes blasphématoires ... pour les faire sanctionner par Dieu. Enfin, il ne faut pas oublier complètement que Steib est très attiré par la satire, qu'il connaît bien par des revues satiriques, des dessins plus anciens des environs de 1900 notamment où les questions religieuses n'étaient pas toujours respectées. 

9. Est ce que ses œuvres s'inscrivent dans un courant artistique ?

L'art de Steib est à la fois très simple et en même temps complexe. Il est simple parce que l'expression apparaît naïve, ce sont des tableaux qui ne sont pas très grands (Steib, on le sait, est miniaturiste) et qui racontent en quelque sorte une histoire. Il y a ainsi des gens qui n'ont pas de quoi manger, qui dorment parce qu'ils ne peuvent dîner (Qui dort, dîne), mais en même temps Steib indique aussi que le régime nazi veut les tenir éveillés par sa fanfare tonitruante, mais ce discours clairement ne passe pas (Steib aurait aussi pu intituler son tableau, comme la morale d'une fable de La Fontaine : « Ventre affamé n'a point d'oreilles »...). Et on pourrait évoquer d'autres de ces scènes. Sa peinture est complexe, car Steib a aussi des références savantes, avec des tableaux inspirés de Leonard de Vinci, Velasquez ou d'Arcimboldo.

La Cène, de Leonard de Vinci, tableau ayant inspiré Joseph Steib pour son oeuvre : La Dernière Scène
La Cène, de Leonard de Vinci, tableau ayant inspiré Joseph Steib pour son oeuvre : La Dernière Scène

Le peintre a aussi un côté expressionniste, lorsqu'il peint certaines figures de Hitler ou des scènes violentes. On peut le rapprocher aussi des Surréalistes avec le portrait composé du tableau Le Conquérant, ou avec ses scènes de rêves. Il est difficile de ranger Steib dans un compartiment précis, ainsi il est beaucoup trop violent pour pouvoir être considéré comme un peintre naïf... On peut le situer dans une catégorie qui ne relève pas des habituelles distinctions de l'histoire de l'art (ni impressionniste, ni totalement expressionniste), mais qui relève de la politique et de l'histoire, la peinture de résistance qui est extrêmement peu représentée en France. 

10. Pourriez-vous nous donner des précisions sur l'exposition "L'art en guerre" qui s'est tenue au Musée d'Art moderne il y a 3 ans ? Quelle place les oeuvres de Steib y tenaient-elles ?

 L'exposition « L'Art en guerre, France 1938-1947. De Picasso à Dubuffet » a eu lieu du 12 octobre 2012 au 17 février 2013 au MAMVP / Musée d'art moderne de la Ville de Paris, avenue du Président Wilson à Paris. Elle a été voulue par le directeur de ce Musée, Fabrice Hergott qui était auparavant (de 2022 à 2007) directeur de l'ensemble des musées de Strasbourg. Il avait vu des tableaux de Steib, avait eu des échos favorables et avait été le premier à organiser, en France, en 2006 (au MAMCS, Musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg) une exposition de travaux de Joseph Steib (depuis la redécouverte des travaux de celui-ci). Il a proposé le thème de cette exposition parisienne et recommandé Steib aux deux commissaires d'exposition (Laurence Bertrand Dorléac et Jacqueline Munck) qui ont accueilli les tableaux de Steib avec un vif intérêt. 

Vous trouverez le détail des intentions de ces deux commissaires sur le site du MAMVP, en appelant le titre de l'exposition. Fabrice Hergott l'écrit dans la préface qu'il a donnée pour l'ouvrage que vous connaissez (p. 9) : « ... en proposant cette exposition, j'avais en tête d'y faire figurer des peintures de Joseph Steib, devinant qu'elles seraient une révélation, et qu'elles aideraient à faire basculer l'exposition du côté de la peinture d'un quotidien particulièrement hostile et de l'esprit de résistance ». La scénographe Cécile Degos qui a construit l'exposition aux côtés des deux commissaires a créé un dispositif particulier : elle a installé 9 tableaux du « Salon des rêves » dans une forme de rotonde, alors que les autres tableaux étaient en place sur les murs du MAMVP. Steib avait en quelque sorte sa petite chapelle. L'exposition parisienne a été très appréciée et elle a été transférée quasi- intégralement au Musée Guggenheim de Bilbao, où Steib a été installé dans le même dispositif (voir p. 225). Steib a été très pris en considération en Espagne, voir éventuellement Steib sur le site du MuseoGuggenheim, Bilbao. Une partie de la publicité de la version espagnole de l'exposition s'est faite sur le nom et les tableaux de Steib. 

[ Sur les sites espagnols que nous avons trouvés, Steib est qualifié de grand artiste et se place aux côtés de Picasso, Henri Matisse ou encore André Masson. Ces sites en question nfgraphics  guias-viajar ]


11. Steib a-t- il des héritiers ?

Steib a des héritiers, ce sont des neveux et nièces (parents de Rosa, l'épouse du peintre), aujourd'hui septuagénaires ou nonagénaires. Ils ont tous connu le peintre, mais se sont intéressés inégalement à son œuvre. Une nièce, qui est aussi la filleule de Joseph Steib, a manifesté le plus d'intérêt : elle a été une source importante d'informations sur la vie de l'artiste.



 Pour aller plus loin une interview de François Pétry sur un plateau TV pour parler des oeuvres de Steib